C’était un dimanche d’hiver pluvieux. L’automne, fraîchement partie, avait laissée son manteau de feuilles rouges sur le sol. Mobilisée par une force plus puissante que moi, je quittais la tiédeur du nid familial pour mener une bien triste expédition.

“Regarde, c’est là que j’allais à l’école quand j’avais ton âge.” dit-il à sa fille.

Il ne s’agissait pas d’un vieillard devant des ruines mais d’un jeune père de famille, à peine plus âgé que moi, devant la démolition prématurée de l’édifice de notre enfance.

Depuis quelques jours, la vie place d’autres enfants qui ont grandi comme lui et moi, face à nos souvenirs en chantiers. Nombreux sont ceux qui ont marqué la pause avant de repartir d’un pas mélancolique, les yeux rivés au sol.

Mais moi je ne peux pas. J’entends l’artillerie lourde abattre mon école pans par pans dès le levé du jour. Je ne peux plus me contenter d’une vue à travers les barreaux.

Je veux parcourir une dernière fois les couloirs dans lesquels les rires de mes camarades m’ont construits.

Photographie d'architecture
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Méli-mes-mots

« L’Automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur ;
Et voici que s’afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées. »

 

Extrait du poème Automne, Albert Samain

À l’enfant qui demeure en chacun de nous.

2 commentaires sur “Albert Samain”

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